Science, Pouvoir, Société
« On n’arrête pas la science, ni le progrès », dit-on. Mais de quelle science et de quel progrès parle-t-on ? Des progrès incontestables que la science a apporte?e a? la médecine ? Ou de cette folie mortifère et suicidaire qui a conduit certains scientifiques a? créer la bombe atomique ? Et, donc, y aurait-il une bonne science s’exerçant dans le domaine civil et une mauvaise science se?vissant dans le domaine militaire ? Mais, me?me dans le domaine civil, en quoi des trucs comme l’IA aident- ils a? résoudre le problème de la faim dans le monde, celui des guerres, celui des inégalités sociales, celui de l’exploitation et de l’oppression de l’être humain par l’être humain... ?
Bref, vouloir appréhender la science en soi ou la recherche scientifique en soi est une impasse. La science, ou plus exactement les sciences, doivent se jauger et se juger a? l’aune du seul bon sens. Celui de leur utilité ou non utilité pour l’humanité. Celui de leur financement a? but lucratif ou non. Celui de leur sujétion aux pouvoirs de toutes sortes ou de leur contrôle par les populations.
Toutes ces questions qui sont fondamentales ne sont jamais poseées par les maîtres du monde qui font tout pour qu’elles n’effleurent pas l’esprit des cohortes d’estomacs sur pattes qu’ils n’ont de cesse de lobotomiser. Ni par la plupart des scientifiques qui, naïvement ou crapuleusement (la gamelle est bonne), ont le nez sur le guidon et ne voient pas la route de la non neutralité politique, économique et sociale de « la science ».
Ce livre est un des rares a? se les poser et a? vous les poser.
Et ce n’est pas un hasard si ses auteurs sont des révolutionnaires sociaux libertaires !
Bizarre
Un géographe anarchiste contre l’antisémitisme
Elisée reclus Un géographe anarchiste contre l’antisémitisme
Au plus fort de l’été 2025, dans la touffeur d’un début d’après-midi, on pouvait se laisser bercer, à l’écoute d’une radio hautement proclamée du savoir et de la connaissance, par l’évocation du géographe et anarchiste Élisée Reclus (1830-1905).
Quand, tout soudain, l’auditeur se trouvait brutalement arraché à sa torpeur par la réponse assassine de la docte dame, on pourrait dire l’Hérodocte dame, interrogée sur de possibles zones d’ombre dans le parcours du géographe : « Oui, en particulier la question juive, et c’est une vraie contradiction. Mais c’est un homme du XIXe siècle, et la gauche, anarchiste ou pas anarchiste, marxiste, a toujours été un peu antisémite, voyant les Juifs comme des banquiers, donc comme des capitalistes... »
Mon Dieu, si on ose dire, vite, un café, la sieste est terminée ! Élisée Reclus et les anarchistes (oublions la gauche...), tous un peu antisémites ! Reclus, le géographe hostile à toute hiérarchie entre les peuples, à toute haine raciale, l’observateur scrupuleux des groupes les plus « primitifs », lui et ceux avec lesquels il a milité, « tous un peu antisémites », vraiment ? Comme un effet boomerang du drame à l’œuvre de l’autre côté de la Méditerranée, voilà le retour du sceau infamant de l’antisémitisme ?
La sieste pouvait bien attendre, et les quatre auteurs sont allés consciencieusement aux sources et aux textes publiés pour examiner l’accusation colportée avec beaucoup de légèreté.
Leur démonstration est passionnante. Elle permet aussi de réexaminer des questions toujours d’actualité, comme race et racialisme, Palestine et sionisme, affaire Dreyfus, État et religion, etc..